Prévenir la démence : 4 stratégies simples et efficaces prouvées par la science
Selon les dernières projections de France Alzheimer, près de 1,4 million de Français vivront avec la maladie d’Alzheimer ou une pathologie apparentée d’ici 2025. Et ce chiffre pourrait quasiment doubler d’ici 2050. Longtemps considérée comme une issue inévitable du vieillissement, la démence est aujourd’hui mieux comprise : son apparition serait largement influencée par des facteurs modifiables au cours de la vie. Une série d’études récentes met justement en lumière quatre mesures simples, accessibles et scientifiquement fondées pour en réduire significativement le risque.
1. Optimiser la qualité du sommeil, pas forcément la quantité
Le sommeil occupe une place cruciale dans la santé cérébrale. Une étude récente, publiée dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, révèle que ce sont les phases profondes du sommeil (ondes lentes) et le sommeil paradoxal qui seraient les plus efficaces pour éliminer les toxines cérébrales en lien avec la maladie d’Alzheimer. Cela démontre qu’un sommeil réparateur et de qualité prime sur sa durée.
Pour favoriser un bon sommeil, il est recommandé de tenir un journal de sommeil ou d’utiliser une montre connectée afin d’analyser ses cycles. Des signes comme la fatigue persistante au réveil, une somnolence diurne ou des difficultés de concentration peuvent signaler un sommeil inefficace. Il est possible d’y remédier par de simples ajustements : éviter les écrans avant le coucher, dormir dans une pièce sombre, fraîche et silencieuse, ou encore opter pour des rituels relaxants en soirée.
2. Bouger régulièrement, même sans effort intense
Pas besoin de s’inscrire à un marathon pour entretenir son cerveau ! Une étude parue dans la revue Alzheimer’s & Dementia démontre que des activités physiques légères comme les étirements ou les exercices d’équilibre ont autant d’effets positifs sur la mémoire que des entraînements plus intensifs, chez les personnes âgées présentant une légère altération cognitive.
La clef : la régularité. Jardinage, marche quotidienne, yoga ou tai-chi sont autant d’activités accessibles qui stimulent les fonctions cognitives et aident à maintenir un bon équilibre psychique. Inutile de miser sur la performance : il suffit de rester actif au quotidien.
3. Surveiller son taux de cholestérol LDL
Le mauvais cholestérol (LDL) semble jouer un rôle significatif dans le développement de démences, y compris la maladie d’Alzheimer. Une étude parue dans le Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry montre que les personnes présentant un taux de LDL inférieur à 70 mg/dL (1,8 mmol/L) avaient un risque réduit de 26 % de développer une démence, et de 28 % pour la maladie d’Alzheimer, comparé à celles avec un taux supérieur à 130 mg/dL.
Par ailleurs, les statines, des médicaments hypocholestérolémiants prescrits sur avis médical, pourraient renforcer cette protection. Ces traitements agiraient sur l’inflammation et contribueraient à une meilleure santé des minuscules artères cérébrales, souvent lésées dans les formes avancées d’Alzheimer.
4. Mieux gérer le diabète grâce aux nouveaux médicaments
Une autre avancée significative concerne les patients atteints de diabète de type 2. D’après une étude publiée dans JAMA Neurology, les antidiabétiques de dernière génération – notamment les analogues du GLP-1 et les inhibiteurs SGLT2 – pourraient réduire de 33 à 43 % le risque de démence chez les personnes diabétiques de plus de 50 ans.
Des essais cliniques, à l’initiative d’Alzheimer’s Research & Therapy, sont en cours pour évaluer l’efficacité du sémaglutide (molécule de l’Ozempic) dans la prévention de la démence. En attendant leurs résultats, il devient prioritaire de bien gérer son diabète, pour la santé cardiovasculaire autant que cérébrale.


