Le projet Neom : entre mirage futuriste et révolution urbaine
Neom représente un chantier d’une ampleur sans précédent, une ville futuriste en cours de développement au cœur du désert saoudien. Sa superficie prévue est colossale : environ 26 500 km², soit plus vaste que des pays comme le Koweït ou Israël. L’investissement nécessaire atteindrait les 500 milliards de dollars.
Pour ériger cette mégastructure urbaine, près de 140 000 travailleurs seraient mobilisés, comme l’indique Tom Ravenscroft dans son article pour Dezeen.
Selon son site officiel, Neom est pensée comme une zone innovante destinée à « soutenir la diversification de l’économie » et à favoriser un avenir dans lequel « populations humaines et planète prospèrent en harmonie ».
Toutefois, depuis son lancement, le projet est sous le feu des critiques, notamment pour des atteintes présumées aux droits humains. Le média BBC rapporte que deux villes auraient été rasées et quelque 20 000 membres de la tribu Huwaitat déplacés de force. Certains travailleurs seraient exploités, d’autres auraient disparu sans explication claire.

Les promoteurs de Neom défendent activement le projet, assurant qu’il progresse à grands pas. Certains expatriés, comme la Britannique Samara Abbott, partagent leur quotidien via Instagram, dépeignant une vie confortable au sein de la « smart city ». Cette vision n’est cependant réservée qu’à une minorité privilégiée.
Neom vue du ciel… et de terre : plongée dans une démesure en chantier
Les photos aériennes publiées par Dezeen offrent un aperçu unique de l’envergure réelle de Neom. D’immenses complexes d’habitation apparaissent, standardisés à l’extrême, hébergeant une masse de travailleurs indispensables à la concrétisation du projet.

À première vue, ces camps semblent bien éloignés des promesses technologiques portées par Neom : une ville-ligne autosuffisante, connectée, jalonnée de gratte-ciels futuristes, de services de luxe et alimentée en énergies renouvelables. Baptisée The Line, cette structure est censée incarner l’avant-garde de l’urbanisme durable, mais la réalité actuelle en est encore loin.
Les images satellites permettent une évaluation plus objective de la situation. Si The Line a vu ses ambitions initiales réduites drastiquement — passant de 170 à 2,4 kilomètres selon Courrier International — l’agencement millimétré des logements renforce l’idée d’un processus titanesque au service d’une métamorphose nationale.

Ces infrastructures sont stratégiquement implantées à proximité des zones en construction. Tandis que certains regroupements résidentiels apparaissent rudimentaires et uniformisés, d’autres comprennent des services collectifs : piscines, terrains de sport, centres de bien-être, et même des enseignes internationales comme Starbucks ou Dunkin’. Un hôtel Hilton y accueille également visiteurs et partenaires de passage.

Un nouveau camp serait également en cours de construction selon Tom Ravenscroft. Les images qu’il a révélées apportent une transparence inédite sur les dessous du projet, jusque-là principalement représenté par des vidéos promotionnelles et des rendus 3D. La ville du futur relève désormais du concret, même si elle reste loin de l’utopie annoncée. Une évolution vers cette vision idéale est-elle réellement possible ?

