
Après la coccinelle asiatique et le frelon venu d’Asie, une nouvelle espèce invasive fait son apparition en France : le scarabée japonais. Ce coléoptère à l’allure inoffensive pourrait pourtant devenir l’un des pires ravageurs de nos espaces verts et de nos cultures.
Un déséquilibre déjà amorcé par d’autres espèces invasives
La coccinelle asiatique s’attaque non seulement à sa cousine européenne dont elle dévore les larves, mais elle s’en prend également à d’autres insectes utiles à l’écosystème. De son côté, le frelon asiatique cible les abeilles domestiques et les pollinisateurs, causant des dégâts notables dans les jardins. Ces deux espèces déséquilibrent déjà fortement la biodiversité locale. Désormais, un nouvel acteur s’invite dans ce bouleversement : le scarabée japonais.
Qui est le scarabée japonais ?
Le Popillia japonica, plus connu sous le nom de scarabée japonais, arbore une apparence métallique séduisante. Sa tête et son thorax brillent d’un vert éclatant, tandis que ses élytres prennent une teinte brun cuivré. Bien que visuellement proche du hanneton ou de la cétoine, certains détails permettent de le différencier.
Ce scarabée se distingue notamment par les rangées de soies blanches bien visibles sur les côtés de son abdomen. Ce sont ces touffes caractéristiques, décrites par l’Inrae, qui facilitent son identification. De taille moyenne, il mesure environ 10 mm de long pour 6 mm de large.
Un coléoptère vorace et destructeur
La dangerosité du scarabée japonais réside dans son caractère extrêmement polyphage. D’après un rapport de l’Anses, ce ravageur peut s’attaquer à plus de 400 espèces végétales. D’autres études avancent qu’il serait capable de consommer plus de 300 plantes hôtes. Un tel régime alimentaire en fait une menace sérieuse pour les cultures françaises.
Rien ne lui échappe : vignes, vergers, pelouses, massifs fleuris ou forêts. À l’âge adulte, il dévore les feuillages, souvent réduits à des motifs en dentelle caractéristiques. Sa forme larvaire, quant à elle, s’attaque aux racines des mêmes végétaux, causant leur dépérissement progressif.
Comment est-il arrivé en France ?
Détecté pour la première fois aux États-Unis au début du XXe siècle après une importation accidentelle, le scarabée japonais a d’abord colonisé la côte Est. En Europe, il a été identifié en 2014 dans le nord de l’Italie, puis en 2017 en Suisse. Les dégâts observés dans ces pays sont préoccupants, notamment dans les cultures agricoles.
Selon l’Anses, la proximité géographique de la France avec les régions touchées et les conditions climatiques locales favorables rendaient son arrivée inévitable. Ce coléoptère peut voyager par divers vecteurs : végétaux, véhicules, ou tout support sur lequel il pourrait se poser. Le phénomène de dissémination est loin d’être anodin.
Les premières détections sur le territoire français
En 2022, l’Anses soulignait déjà un fort potentiel de dispersion naturelle du scarabée japonais, estimé à environ 10 km par an. Le 8 juillet 2025, la Préfecture de la région Grand Est a confirmé la capture de deux spécimens dans le Haut-Rhin, précisément à Mulhouse et à Saint-Hippolyte, les 1er et 2 juillet.
Ces signalements sont le fruit du travail mené par la Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (Draaf) du Grand Est, qui a mis en place un réseau de pièges dans les zones à risque. Surnommé « auto-stoppeur » pour sa capacité à voyager en toute discrétion, l’insecte aurait été transporté via train, camion ou voiture depuis des zones déjà infestées.
Une menace préoccupante pour la biodiversité
Considéré comme un « organisme de quarantaine prioritaire » par l’Union européenne, le scarabée japonais figure parmi les 20 espèces les plus dangereuses pour la biodiversité de l’Union. Sa capacité de prolifération rapide et son régime alimentaire extrêmement large en font un ennemi difficile à contenir.
La vigilance demeure essentielle, tant pour préserver la biodiversité locale que pour protéger les productions agricoles. L’arrivée de ce coléoptère pose un véritable défi écologique, sanitaire et économique à l’échelle du continent.
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