Stations fantômes du métro parisien

Le métro parisien cache en son sein des lieux oubliés, mystérieux et chargés d’histoire. On compte treize anciennes stations fermées, devenues inaccessibles au public. Ces espaces souterrains témoignent d’une époque révolue et continuent de nourrir l’imaginaire collectif.

1939 : une année charnière pour le métro parisien

L’année 1939 est marquée par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, un événement bouleversant pour la France. Alors que le pays entre en guerre contre l’Allemagne, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP), ancêtre de la RATP, fait face à une pénurie de main-d’œuvre masculine, mobilisée sur le front.

Sur les 332 stations et 159 kilomètres de réseau existants à l’époque, seules 173 stations restent en service sur 85 kilomètres. Les stations condamnées sont murées à l’extérieur. À la Libération, la capitale retrouve un métro plus dense… mais quelques stations ne rouvrent jamais. Elles restent en sommeil, figées dans le temps.

Quatre stations fermées pour des raisons historiques

Porte des Lilas (ligne 3 bis)

Reliée aux lignes 3 bis et 11, la station Porte des Lilas cache une partie méconnue : une station fantôme, destinée à connecter les lignes 3 bis et 7 bis via une navette circulant sur la « voie des Fêtes ».

Ouverte en 1921 puis fermée en 1939, elle est aujourd’hui louée par la RATP pour le tournage de films et de publicités. Elle apparaît notamment dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain et Paris, je t’aime.

Croix-Rouge (ligne 10)

Fermée en 1939, cette station n’a jamais rouvert. Située rue du Cherche-Midi, son accès a été muré. Elle continue pourtant d’exister dans l’ombre, servant de décor dans divers projets artistiques.

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Elle figure notamment dans le clip Week-end à Rome d’Étienne Daho. En 2007, elle est réaménagée pour une exposition érotique organisée par la Bibliothèque nationale de France, durant les Journées du patrimoine. Un projet de transformation en restaurant fut envisagé en 2019, mais abandonné.

Saint-Martin (lignes 8 et 9)

Ouverte dans les années 1930, cette station est fermée dès le début de la guerre, en raison de sa proximité avec Strasbourg – Saint-Denis. Elle ne sera jamais remise en service.

Depuis, elle a accueilli des événements artistiques et culturels, notamment lors de la « Nuit Blanche » en 2010.

Arsenal (ligne 5)

Construite en 1906 et désaffectée en 1939, cette station se situe entre Bastille et Quai de la Rapée. Son accès, situé boulevard Bourdon dans le 4e arrondissement, est aujourd’hui condamné.

Elle figure dans le film La Grosse Caisse (1965) avec Bourvil.

Deux stations restées muettes, jamais ouvertes au public

Haxo (lignes 3 et 7 bis)

Située entre Place des Fêtes et Porte des Lilas, la station Haxo devait permettre une correspondance entre les lignes 3 bis et 7 bis. Elle n’a jamais vu de voyageurs : l’accès n’a même pas été construit.

En 1993, elle est utilisée pour présenter le MF88, une rame destinée à la ligne 7 bis. Les traces de cette présentation y sont encore visibles.

Haxo : la station fantôme du métro parisien. © Le Parisien, YouTube

Porte Molitor

Construite en 1923 dans le 16e arrondissement, cette station devait desservir le Parc des Princes les soirs de match. Elle ne sera jamais ouverte aux voyageurs.

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De nos jours, elle est utilisée comme voie de garage pour les trains des lignes 9 et 10.

Le saviez-vous ?

D’autres stations fantômes parsèment le réseau parisien : Champ de Mars (ligne 8), une partie des quais de la station Invalides (ligne 8), l’ancienne Porte Maillot (ligne 1), Martin Nadaud (ligne 3), Gare du Nord (ligne 5), Porte de Versailles (ligne 12) et Les Halles (ligne 4).

Un patrimoine souterrain fascinant

Invisibles sur les plans officiels de la RATP et interdites d’accès au public, ces stations fantômes continuent de nourrir la fascination des passionnés d’histoire et d’urbanisme.

Vestiges d’événements historiques, elles racontent aussi la transformation urbaine de Paris au fil du temps. Chacune à leur manière, elles contribuent à l’âme secrète et enfouie de la capitale.

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